Histoire et patrimoine

BrandoUne commune de 1751 habitants

Brando, 1751 habitants permanents (2016) s’étend sur 2222 hectares (22 km2) de la ligne de crêtes dominée par le Monte Stellu (1307 m) jusqu’à la mer. Deux rivières ont creusé deux vallées parallèles : au sud, Purettu et Pozzu se situent en amont de la vallée qui débouche sur Lavasina; au nord, Silgaghja, Castellu et Mausoleu se trouvent dans la vallée qui rejoint Erbalunga. Au total, la commune est composée de sept hameaux dont les marines Lavasina et Erbalunga sont les deux portes qui, au sud et au nord, ouvrent le territoire. Celui-ci est désormais marqué par des constructions littorales et un développement de mi-vallée (au dessus et en deçà de la ligne des 300 m).

BRANDO
Son histoire

Brando est, depuis 30 ans, l’une des communes proches de Bastia la plus prisée.
Sa proximité avec la capitale administrative de la Haute-Corse (8 km) en fait un atout décisif.
L’histoire de Brando est d’abord celle de son site occupé dès la préhistoire.
Au début du Moyen Âge, alors que la Corse est sous autorité du pape puis de la République de Pise, de puissants seigneurs se divisent le territoire du Cap Corse en fiefs. A la fin du XIe siècle, la famille génoise des Avogari-Gentile se taille une seigneurie dans la moitié sud du Cap Corse, couvrant les communes actuelles de Brando, Olcani, Olmeta, Ogliastru et Nonza. Ils assurent ainsi une certaine sécurité à la population placée sous leur coupe. Le fief de Brando devient l’un des plus importants du Cap.

Des châteaux fortifiés sont construits à Castellu, à Erbalunga, ainsi que sur les hauteurs de Lavasina. Au XIIe siècle, le village se développe autour de ses places fortes et la population s’accroît. Les activités économiques reprennent (élevage caprin, viticulture, oléiculture, artisanat) et le commerce maritime avec l’Italie se développe, faisant d’Erbalunga, jusqu’au XVIe siècle, le premier port de l’île.
Après la proclamation, en 1729, de la Corse indépendante, le Cap Corse demeure la dernière terre pro-génoise et ne se rallie au mouvement paoliste qu’à partir des années 1760. En 1764, les Génois incendient le village de Purettu, dans leur fuite face à Pascal Paoli. Ce dernier s’empare de Brando la même année. Après la défaite de Paoli (1768), Brando rejoint le giron de la monarchie française.

Peu à peu, le port d’Erbalunga périclite. Le commerce maritime y est de moins en moins florissant, notamment après l’apparition de la navigation à vapeur. L’agriculture demeure encore très active sur la commune au début du XIXe siècle jusqu’à l’anéantissement de la vigne par le phylloxera. La récession économique, doublée d’une forte poussée démographique, entraîne une forte émigration vers le continent et l’empire français ainsi que vers l’Amérique du Sud (essentiellement Porto Rico et Vénézuela).

Autrefois, l’industrie de la « glace à rafraîchir » faisait aussi recette. Les célèbres glacières de Brando étaient de petites constructions rondes de pierre sèche bâties dans la montagne. En hiver, on les remplissait de neige tassée et elles étaient ensuite hermétiquement isolées de la chaleur, si bien que la neige se changeait en glace. Cette glace était progressivement taillée en morceaux et descendue au fur et à mesure à Erbalunga pour y être vendue, durant l’été. Pour la conserver le temps de la vente, la glace était stockée dans une grotte au lieu-dit Marmuraghja.
Aujourd’hui, la commune est célèbre pour ses « pierres de Brando », qui servent au dallage et au pavage dans le monde entier. Le site de Petre-Scritte à Mausoleu, compte plusieurs carrières de cipolin dont certaines sont encore en activité. Au hameau de Pozzu se trouvent également les carrières de Torre et de Sainte-Lucie (lauzes).

Fort de sa population en augmentation constante, de la diversification de ses activités et de sa proximité avec Bastia, Brando a su accroître son attractivité.
Erbalunga, avec de nombreux commerces et services, est devenu un lieu très fréquenté, particulièrement en été. Ses manifestations culturelles notamment le festival de musique (29e édition en 2016) est désormais un rendez-vous prisé des connaisseurs. Il se déroule dans le théâtre de verdure, outil culturel communal.